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Tour de France : Paul Seixas, l’apprenti du Tour

Publié le  Par Jacques-Henri Digeon

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ASO

Après une semaine de course, Paul Seixas tient sa place. Discrètement, il s’acclimate à ce Tour de France qu’il découvre. Comme un apprenti...

Non, il ne remportera par le Tour de France à sa première participation. Ou alors faudrait-il un énorme et surtout bien improbable concours de circonstances… Oui, même s’il représente le grand avenir du cyclisme français et peut-être un successeur à Bernard Hinault, Paul Seixas est bien à sa place dans la plus grande et la plus convoitée des courses du calendrier mondial.

A 28’’ du podium… Après une semaine de course, le pas-encore-vingt-ans coureur de l’équipe Décathlon-CMA/CGM pointe à la 6e place, à 3’55 de l’intouchable Tadej Pogacar, lequel a assommé ses adversaires dans le mythique Tourmalet et l’inédite montée vers Gavarnie. Un grand numéro ! Mais pour ses inconditionnels et pas forcément réalistes supporteurs, Paul Seixas n’est finalement qu’à 1’13’’ de la deuxième place de Vingegaard et à seulement 28’’ du troisième, Del Toro. Tout est donc possible pour un éventuel podium sur les Champs le dimanche 26 juillet.

Mais il reste donc deux semaines et pour la première fois de sa courte carrière, le Français les abordera dans l’inconnu, n’ayant jamais couru plus de huit jours consécutifs et dépassé les 1500 kilomètres dans le même temps. Or, la suite du Tour, à l’exception des 11e, 12e, 16e et 21e étapes, ne sera pas une partie de plaisir. A commencer par celle de mardi, lendemain de jour de repos, et l’arrivée au Lloran. Sur la première semaine, avait-il déclaré “je serai dans un effort que je connais, après on basculera quand même dans la découverte. Le plus marquant, c'est l'inconnu des trois semaines. C'estbdifférent de ce quer j'ai fait jusqu'à présent. Mais il y a un début à tout.” a t-il analysé (L'Equipe, 13 juillet).
Comment encaissera t-il ? C’est là toute la question.

Tout en maîtrise. Il n’empêche, jusqu’à dimanche, Paul Seixas a démontré une remarquable adaptation à la Grande Boucle, restant au contact des meilleurs sans faire de bruit. Certains auraient pu imaginer qu’il allait essayer de suivre Pogacar dans son offensive du Tourmalet, comme il l’avait fait dans la côte de La Redoute en final de Liège-Bastogne-Liège. Mais, quelque peu englué dans le peloton des favoris, il a préféré se replacer et suivre le mouvement derrière le fuyard slovène. En clair, une présence permanente dans le peloton des favoris mais un comportement discret. Histoire de ne pas se griller pour l’avenir mais également de ne pas provoquer les ténors…
On ajoutera que Paul Seixas a fait preuve d’une remarquable maîtrise dans la deuxième étape où après une crevaison qui l’a contraint à chasser de longues minutes pour retrouver le peloton, épisode qui aurait pu être fatal lorsqu’il a failli entrer en collision avec une voiture de l’organisation qui déboîta juste à son passage. Sans oublier un problème d’oreillette qui sema un peu le trouble dans l’emballage final… C’est ce qu’on appelle l’apprentissage.

Hinault : « là pour apprendre ». Sous un titre bien senti, Le Parisien/Aujourd’hui en France (lundi 13 juillet) écrit que‘’Seixas a réussi ses partiels’’. On en conviendra. Mais comme Bernard Hinault le répète inlassablement, Seixas « est là pour apprendre et c’est trop tôt pour lui de jouer la gagne » tout en reconnaissant que « pour l’instant, c’est pas mal ».
Dans ce même article de Christophe Bérard, Thomas Voeckler, capitaine des équipes de France au Mondial cycliste et consultant sur France Télévision, se félicite du comportement du coureur de Décathlon-CMA/CGM, notamment quand « il a très bien géré la petite alerte au moment de sa crevaison dans la 2e étape, ce qui n’est pas anodin... »
Si certains, comme Jérôme Coppel, parient qu’il sera sur le podium, d’autres s’interrogeront sur la fiabilité de son équipe au regard des armadas entourant Pogacar (UAE), Vingegaard (Visma-Lease a bike) et Evenepoel (RedBull-Bora).

Quoi qu’il en soit, sans incident majeur, sans défaillance, on en saura plus dimanche prochain sur les hauteurs du Plateau de Solaison et avant une dernière semaine dantesque avec notamment les arrivées en haut d’Orcières-Merlette et la double ascension de l’Alpe d’Huez la veille de l’arrivée à Paris.

 

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