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Tour de France : Pogacar et Seixas en questions

Publié le  Par Jacques-Henri Digeon

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Pogacar est-il rassasié ou visera-t-il une nouvelle victoire d’étape ? Paul Seixas, toujours épatant, tiendra-t-il la distance ? Et que nous réserve le final avec trois étapes dantesques avant de rallier Paris ? Questions sur la dernière semaine du Tour.

Quel Pogacar ? Victime d’une chute et d’une fracture de la clavicule, Jonas Vingegaard a quitté le Tour. Il avait programmé le plateau de Solaison pour, à défaut de la faire craquer, aller titiller Tadej Pogacar. Un mauvais virage en a décidé autrement. Au bénéfice de Remco Evenepoel qui n’en demandait pas tant en s’installant à sa place. Cela dit, on peut imaginer que le Belge, à la faveur du chrono de ce mardi, aurait très bien pu s’y installer, compte-tenu de ses énormes qualités de rouleur. Mais bon…
Donc la question est maintenant de savoir quel Pogacar attendre. L’attaquant (son ADN), le gestionnaire ou l’équipier ? Sans coup dur, sans coup de mou, il est assuré de la cinquième victoire. Il ne prendra probablement plus de risques et voudra économiser ses troupes en vue du tryptique Orcières-Merlette jeudi, Huez vendredi et re-Huez samedi (lire ci-dessous). En dehors de préserver son statut, il aura probablement comme objectif de favoriser son poulain (ou successeur…), Isaac Del Toro, pour une place sur le podium et la conquête du maillot blanc. Et dans son viseur, Paul Seixas, rival numéro un du Mexicain pour le très convoité titre de Meilleur jeune. Ce sera donc tout l’intérêt de cette dernière semaine. Sans oublier peut-être l’espoir d’un cinquième sacre à Paris bonifié d’un succès sur les Champs-Elysées que Wout Van Aert lui avait chipé l’année dernière...


Seixas va t-il tenir ? Et justement, comment Paul Seixas va t-il va aborder et gérer ces six derniers jours. Six jours, ce n’est rien dans une carrière. Mais pour un ‘’gamin’’ de 19 ans qui découvre la plus grande et la plus dure course du monde, ce n’est pas rien. Jusque là, le Lyonnais a épaté la galerie. Par ses capacités à s’insérer dans le groupe dit Maillot Jaune mais plus encore par sa lucidité, son sang-froid et la gestion de ses efforts. On l’a vu dimanche dans la montée vers le plateau de Solaison quand, décroché du rythme du trio Pogacar-Del Toro-Evenepoel, il a su sans panique, encaisser et maintenir un écart raisonnable. C’est peut-être là son principal atout. Avec, bien sûr, le refrain du « je suis là pour découvrir, pour apprendre... » Mais il faudra bien qu’il s’attende à ce que Pogacar le provoque peut-être à un moment ou à un autre pour le compte de Del Toro. A moins qu’il ne se risque lui-même à le provoquer. Quoi qu’il en soit, le coureur de Décathlon/CMA-CGM aura réussi son Tour…

Et les Français ? Derrière Paul Seixas, c’est un peu la bouteille à l’encre. On en voit des Français dans les échappées, on en pointe dans les ascensions. Mais au final, que nenni ! Rien, juste la plus qu’honorable 4e place d’Alex Baudin dans la 9e étape derrière Van der Poel, Johannessen et Pidcock.
Mais pas grand chose ou presque de Romain Grégoire, le discret champion de France, et de Kevin Vauquelin en deçà de sa forme 2025. Reste l’espoir d’un maillot à pois de Grimpeur de Valentin Paret-Peintre et une place dans le top 10 pour Lenny Martinez (8e) et du régulier Jordan Jegat, actuellement 10e comme son classement final de 2025. En espérant une victoire d’étape, histoire de sauver l’honneur.

Jeudi, vendredi, samedi, l’enfer… Le contre-la-montre de ce mardi ne devrait pas bouleverser la hiérarchie. Remco Evenepoel partira grand favori des 26 km entre Evian et Thonon sur un parcours à sa convenance avec notamment une belle bosse pour lâcher sa puissance.
Juste le temps de souffler mercredi entre Chambéry et Voiron avant d’affronter un triptyque infernal avec l’arrivée en haut d’Orcières-Merlette jeudi et surtout la double arrivée à l’Alpe d’Huez. D’abord vendredi avec la classique ascension aux 22 virages à partir de Bourg d’Oisans. Et surtout le samedi avec le Glandon, la Croix de Fer, le Télégraphe, le Galibier et en final l’arrivée à Huez par le col de Sarenne et ses 12 km à plus de 7 % de moyenne.
On vous le dit, il va encore s’en passer des choses sur ce Tour...







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