Foot (CAN) : le Sénégal au paradis, le Maroc en pleurs
Publié le Par Jacques-Henri Digeon
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Pour n’avoir pas transformé un penalty à cinq minutes de la fin, le Maroc a laissé échapper "sa" finale de la Coupe d’Afrique des Nations au profit d’une équipe du Sénégal plus réaliste. Score final: 1-0
Brahim Diaz s’en voudra toute sa vie de footballeur et peut-être même après. Alors qu’il avait la victoire du Maroc au bout du pied, il tenta l’impossible. A-t-il voulu entrer dans l’histoire en tentant une ‘’panenka’’ sur le penalty qu’avait sanctionné une faute sur Diaz ? Il restait cinq minutes dans le temps réglementaire quand il s’élança. Mais une ‘’panenka’’ ça passe ou ça casse. Et là, pour l’avoir tirée trop mollement -à moins que trop tendu par l’enjeu, il l’ait ratée- le malheureux Marocain vit le ballon bloqué sans le moindre problème par Mendy. La prolongation devenait inévitable...
Contestation
Mais à cet instant, on n’en était plus à la 95e minute mais bel et bien à la 113e ! Car entre ces deux minutes, on n’avait pas vu du football mais tout ce qu’il comporte de mauvaise image. Il est certain que la faute dont avait été victime le Marocain sur un corner devait être sifflée. Mais l’arbitre tarda à prendre la décision de consulter la vidéo. Et quant, il l’eut fait, indiquant le point de penalty, les Sénégalais crièrent à l’injustice contestant une décision qui pour eux, on s’en doute, était le fait d’un arbitrage à domicile. En fait, on aurait pu les comprendre compte tenu que trois minutes avant cette fameuse 95e minute, ils s’étaient vus refuser un but pour une poussette préalable sur Hakimi…
Toujours est-il que lorsque l’arbitre soudanais M. Ismail ordonna le penalty, les Sénégalais firent plus que protester puisque, après plusieurs minutes de palabres diverses sur et au bord de la pelouse, ils menacèrent d’abord puis décidèrent de rentrer aux vestiaires. Cela sous le regard “philosophe” de l’arbitre qui semblait attendre que la furia se passe… Finalement, près de vingt minutes après sa décision, le football reprit enfin ses droits et Brahim Diaz quitta, ne revint pas sur la pelouse, le regard dans le vide, totalement abattu.
Prolongations
Il fallut donc reprendre le match et plus précisément les prolongations, le chronomètre affichant 90' au coup de sifflet d’engagement. Avec le même scénario que pendant tout le temps réglementaire. A savoir, une équipe sénégalaise qui, comme depuis le coup d’envoi, monopolisait le ballon face à des Marocains opérant le plus souvent en contre mais sans réussite face, il faut le préciser, à une défense africaine particulièrement athlétique et vigilante. A ces jeux, les deux équipes eurent chacune des occasions. Mais d’un côté comme de l’autre, Bono (à trois reprises) et son vis-à-vis Mendy réalisèrent quelques belles parades.
Pluie, pleurs…
Les minutes de folie étant terminées, le jeu reprit donc, les Marocains se montrant décidés à pousser leurs adversaires dans leur moitié de terrain. Lesquels -c’est peut-être leur grande force- ne s’affolèrent pas. Et sur une contre-attaque rondement menée, Gueye hérita du ballon. Evitant le tacle d’un Marocain à l’entrée des 18 mètres, il décocha un puissant missile qui alla se loger dans la lucarne de Mendy. 1-0 pour le Sénégal, vous imaginez la stupeur dans le stade de Rabat et dans tous les foyers et bars marocains…
El-Nasyri eut l’égalisation au bout de sa tête plongeante mais le ballon frôla le poteau ; Diouf, de son côté raté le KO seul devant le portier marocain ; et Bono eut beau repousser deux fois les tentatives puissantes des Sénégalais, rien ne changea. Le Maroc était battu et perdait son grand pari devant son public. Cela sous une pluie battante, comme les pleurs de tout un peuple de football...









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